Accueil Non classé Si y’a pelouse, y’a match

Si y’a pelouse, y’a match

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Commissariat de police de Poitiers, 25 mai, 17h35

Céline- C’est quoi l’endroit le plus bizarre où t’ais fait l’amour ?

Emma- Toi d’abord.

Céline-Je dirais sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute.

Emma- Vraiment ?

Céline- Ouais, j’étais pas encore flic, tu te doutes bien.

Emma- Oh non, ça aurait pu se passer hier, que ça ne m’aurait pas étonnée venant de toi !

Céline-  C’est plus tellement notre genre avec Antho. Ah quel souvenir ! Les gendarmes nous ont coursé, alors qu’ on n’avait même pas terminé.

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Emma- Mais vous étiez dans la voiture ?

Céline- Bah non !

Emma- Eh bah moi je dirais que mon endroit le plus bizarre c’est la bagnole justement, c’est pas très original, je sais!

Céline- Bah nous on l’a jamais fait dans la voiture, je’ sais pas ce qu’on attend ! C’était à l’avant ou à l’arrière ?

Emma- Bah les deux. Contre le volant, c’est spécial.

Céline- Hè Yoan, c’est quoi l’endroit le plus bizarre où t’as baisé ?

Yoan- Un cimetière.

Céline-Quoi ? Mais c’est glauque !

Emma- C’était avec Sonia ?

Yoan- Nan c’était une meuf comme ça !

Céline- Sur une tombe ?

Yoan- Nan dans un coin, une envie soudaine après une bonne soirée quoi !

Emma- Mais elle sortait d’où cette fille ?

Yoan- J’sais plus, elle passait par là et voilà.

Emma- Est-ce que c’était un cimetière romantique comme celui du Montparnasse, avec des mausolées et des statues d’anges partout ?

Céline-Mais y’a aucun cimetière romantique !

Yoan-Nan c’était un cimetière pourri, c’était juste un cimetière!

Emma- Y’a des cimetières tellement beau, j’ai déjà eu un rencard dans le cimetière du Montparnasse, on avait fait des petits trucs, mais pas le truc !

Céline- Vous êtes trop bizarres vous à traîner dans les cimetières ! Et la fille, c’était une gothique ?

Yoan-Nan c’était une fille normale.

Emma- Elle devait être vachement sexy pour que t’ai envie d’elle comme ça !

Yoan- Bah bof, mais tu sais, si y a pelouse, y’a match ! Et tant qu’elle est consentante !

Céline-Elle était vraiment consentante ?

Yoan-Elles le sont toutes avec moi ! Bon, y’a un enfant qui vient d’appeler, ses parents se disputent, il’ a pas parlé de violence mais bon si ça peut le rendre moins malheureux. On est payé à rien d’autre que de parler de cul et de coller des PV de temps en temps dans ce patelin paumé, moi je suis un homme d’action ! J’emmène Julia avec moi.

Emma-Ah ouais on devrait demander à Julia c’est quoi son endroit le plus bizarre.

Céline-Nan Julia elle est vierge, ça se voit, elle est outrée à chaque fois qu’on parle de cul !

Julia-Hè Céline, je suis là hein.

Emma-Nan je’ pense pas que Julia soit vierge, à mon avis, elle est même encore plus vicieuse que moi !

Julia-Emma, je suis là !

Céline-Mais nan ça c’’est pas possible ! Ça se voit que t’es une coquine.

Emma- C’est toi la coquine !

Céline-Pourquoi t’es célib toi en fait ? Y’a pas un collègue qui te branche ?

Emma- J’étais déjà sorti avec un collègue avant ton arrivée, quelle idée à la con.

Céline- Moi je te verrais bien avec Jérôme.

Emma-Mais arrêtez de tous vouloir me caser avec Jérôme !

Céline- Et Yoan ? Vous pourriez faire un petit tour au cimetière tous les deux, nan ?

Emma-Oh arrête, je le vois tellement comme un frère. Sauf un soir, chez Julia, on a failli se pécho !

Céline-Quoi ? Quand ?

Emma- La semaine dernière !

Céline- Pourquoi failli ?

Emma-Bah on a dormi ensemble, dans les bras l’un de l’autre, mais il s’est rien passé, je crois qu’on était trop crevés et j’’étais pas assez bourrée pour en avoir envie !

Céline-Mais lui il a tenté un truc ?

Emma-Ouais, mais tu sais il vit avec Sonia, j’en ai marre de ces mecs qui veulent tromper leur copine avec moi !

Céline- T’as pas envie d’être en couple ?

Emma- Parfois, mais j’’ai pas le temps de m’investir dans une quelconque relation. Franchement, ça demande tellement d’énergie, ça me fatigue.

Céline- Avoue que ça t’arrive quand même de fantasmer sur des mecs ?

E-Bah le mois dernier, j’ai flashé sur un gars qui était assis en face de moi dans le train.

C-Tu lui as parlé ?

E-Bah non t’es folle, tu sais bien que je suis incapable de faire le premier pas. Mais je me suis surprise à être toute excitée, rien qu’en le regardant. J’ai commencé à me faire des films dans ma tête. Du genre, qu’il me lance des petits regards coquins, qu’il me dise que j’avais un joli chemisier qui faisait bien ressortir mon corps. Je me le suis imaginé agent secret, pas un flic comme moi, un mec haut gradé, un militaire. Il était musclé et son visage, oh un vrai dieu grec ! Je le voyais se mettre à côté de moi, commençant à me toucher, à me caresser, à mettre sa main discrètement dans mon jean. Moi l’imitant.  Puis il serait parti aux toilettes, et moi je l’aurais rejoint.

C-Arrête t’aurais jamais été capable de faire ça. Même si ce mec était venu te parler, tu l’aurais rembarré aussi sec, peut-être même que tu lui aurais fait une clef de bras.

E-Oui sûrement, mais c’est bien pour ça que les rêves ne sont que des rêves et pas la réalité.

C- Ce genre de rêve se réalise tous les jours. Tous les jours des gens, parfois des inconnus, baisent dans les toilettes publiques. La seule différence entre les fantasmes et la réalité, c’est l’audace.

E-Oui, mais il y a surtout un problème éthique, morale, on représente la loi tout de même, on est censé être plus conscient que les gens lambda.

C-Mais tu dis des bêtises, amuse toi c’est tout, flic ou pas.  Ça te paye la bouffe, l’eau et l’électricité, ce n’est pas ton identité, c’est juste ton métier.

E- C’est comme ça que tu vois notre boulot ?

C- J’aimerai te dire que je suis flic pour changer le monde et en faire un endroit meilleur pour tous les êtres humains, mais tu vois bien que chez nous y’a pas vraiment de voyous, on se fait chier toute la journée. Parfois, je me demande même si je suis du côté des gentils, avec les magouilles du Président, on n’est plus sûr de rien.

E-Attend y’a un vieux qui vient d’entrer.

Commissariat de police de Poitiers, 25 mai, 17h48

C-Bonjour Monsieur.

-Bonjour mesdemoiselles, je suis Francis Delgado. J’ai 69 ans et je suis à la retraite depuis peu. Je suis malade, je dois me faire opérer à nouveau, mais je sais que je n’y survivrais pas. Je ne veux pas y survivre. J’ai travaillé dans le bâtiment toute ma vie, plus de 50 heures par semaines, j’ai toujours attendu ma retraite avec grande impatience. Quand je le fus enfin, j’étais au paradis. Je passais mon temps dans mon jardin, avec mes amis et ma famille, à manger, à boire. Je vivais le rêve épicurien, mais je m’en suis vite lassé. Je m’ennuyais, l’inactivité était un vrai fardeau. C’est comme si on m’avait forcé à ne rien faire.

E-(à voix basse) Putain, il va nous raconter sa vie pendant une heure celui-là, je pensais nous prendre un truc au grec, j’ai faim.

C-Excusez-moi monsieur, que venez-vous faire ici ?

Francis-Laissez-moi terminer mademoiselle, je vous en prie.

C-Très bien, continuez.

Francis- Je n’avais plus aucun but dans la vie, je n’allais plus nulle part, je restais assis dans mon jardin avec mon chien, à attendre la mort. C’est comme si j’avais déjà un pied dans la tombe. Cette idée m’était insupportable. J’entrepris plusieurs voyages, mais alors que j’étais à Londres avec mon fils, je fis une grave crise et on a dû me rapatrier en France pour que je me fasse soigner. Je pensais vraiment mourir à ce moment, dans Green Park. Là je compris, qu’il fallait absolument que je fasse quelque chose de très important avant de partir pour toujours. C’est pour ça que je suis ici, je viens avouer mes crimes.

E-Oh ça devient intéressant !

Francis-Vous semblez bien jeunes mesdemoiselles, vous devez avoir la vingtaine.

E-Nan, elle, elle est déjà trentenaire !

C-Toi, t’y passe bientôt, alors ferme là. Quel crime avez-vous commis monsieur ?

F- J’ai toujours vécu ici, je n’ai jamais pensé à partir. Les jeunes d’aujourd’hui ont tellement la bougeotte, ils passent leur temps à déménager, il est rare qu’il y en est qui meurt à la ville même où ils sont nés. Je ne sais pas si vous êtes ici depuis toujours mesdemoiselles, mais les atrocités que je vais vous conter se sont produites il y a plus de quarante ans.

C-Dites-nous tout.

F-Quand j’avais 19 ans, j’étais très amoureux d’une jeune femme qui s’appelait Irina Faust, mais elle ne m’aimait pas,  elle ne me voyait pas. On était au lycée ensemble et elle était déjà fiancée à un autre. Elle était aussi serveuse le soir, dans le restaurant près de la rivière. C’est là, alors qu’elle faisait la fermeture, que je l’ai prise dans mes bras et  que je lui ai dit que je l’aimais. Elle m’a cru fou, mais elle n’avait pas réellement  peur, elle me méprisait plutôt. Elle avait tout de même l’air flattée. Je n’avais vraiment pas la tête du méchant  garçon.   Au début, elle m’expliqua les choses gentiment, mais ça ne ressemblait pas à un refus non plus. Elle aimait séduire, c’était indéniable, je remarquais bien qu’elle essayait quand même de me plaire à sa façon de se tourner de son meilleur profil pour me parler, ou celle de marcher en bougeant ses anches. Ou encore, quand elle ne cessait de se recoiffer. En réalité, je venais souvent l’observer au restau, je crois qu’elle m’avait reconnu comme client. J’avais bu dans un bar quelques bières avant de venir la voir, puis d’autres dans son restaurant. Je l’ai embrassé, elle n’eut pas l’air de repousser mon baiser. A ce moment-là, j’étais le plus heureux des hommes. Je la touchai, elle riposta. Mais je ne pouvais plus m’arrêter. Je l’ai forcée de mon canif à avancer vers la rivière, je lui assenais quelques coups, pour qu’elle obéisse.

E-Oh mon Dieu !

F- Oui mademoiselle, je l’ai violée et je l’ai poignardé parce qu’elle ne s’arrêtait pas de hurler. Elle tituba et tomba dans la rivière qui l’emporta. On retrouva son corps le lendemain, plus loin, échoué près du lac. Cette affaire n’eut jamais aucun coupable et on en reparla plus.

E-Irina Faust, vous dites? Je vais chercher le dossier aux archives.

F-Après ça, je me suis calmé, je terminais mes études et trouva une femme qui m’aimait elle aussi, elle est morte il y a peu d’un autre cancer que le miens. Elle n’en su jamais rien, personne ne connut la vérité. Aujourd’hui j’ai une famille, je me doute bien que ces révélations vont l’affecter, que je vais décevoir, mais j’aimerai mourir en paix.

C-Comment pouvez-vous penser reposer en paix après ça ?

F-Je ne sais pas, mais d’en parler m’a fait un bien fou, je me sens libéré d’un poids.

C-Quand est-ce que vous vous faites opérer ?

F-Vendredi, mais je me rends à l’hôpital demain.

C- Et qu’attendez-vous de nous ? Dans votre état, je ne pense pas que vous puissiez aller un jour en prison, je ne pense pas que c’est ce que vous voulez non plus, alors qu’est-ce que vous êtes venu faire ici ? Cette histoire date d’il y a plus de quarante ans, pratiquement cinquante, ça m’étonnerait que quelqu’un porte plainte contre vous. Il n’y aura finalement aucune justice à cette histoire, je le crains.

F- Oui c’est malheureux, mais si ça peut vous aider à classer une des nombreuses affaires non élucidées qu’il vous reste dans vos placards, ça me fait plaisir.

C- Et moi je pense que c’est à la presse que ça va faire plaisir. Bon pouvez-vous me faire une déclaration écrite de vos aveux, ne changez rien, écrivez tout ce que vous nous avez dit.

Commissariat de police de Poitiers, 29 mai, 12h22

E- Tu m’as vu à la téloche lundi ?

C-Ouais, t’étais vachement télégénique d’ailleurs, je crois que t’as raté ta vocation.

E- C’est bien aussi d’être une policière sexy. Tu sais qui m’a recontacté ?

C-Qui donc cette fois ? Le mec du train ?

E-Ah non malheureusement, la vie n’est pas aussi belle que ça ! Nan Tom, il m’a dit qu’il n’arrêtait pas de penser à moi et que de me voir aux infos, c’était comme un signe.

C- Qu’est-ce que c’est niais. Et dire que toi tu joues la star à la télé alors que le vieux est mort.

E- T’as vu comme le pays entier en a parlé ?

C- C’était son quart d’heure de gloire avant de mourir.

E- C’est vrai que si c’était juste se confesser ce qu’il voulait, il n’en aurait pas autant parlé autour de lui. Mais il m’avait l’air trop vieux pour s’intéresser à ce genre de vanités.

C- Il me paraissait aussi trop vieux pour l’imaginer violer et tuer une femme. Il l’a dit lui-même qu’il n’avait pas la tête du méchant garçon. Ah que les apparences sont trompeuses !

E-Il sera mort à l’hôpital sous les flashes. Je me demande comment je vais mourir.

C-Quand je me suis engagée dans la police, je m’imaginais parfois me faire tirer dessus par un mec à la sortie d’une boîte, il y a tellement d’histoires de ce genre chez nous. Enfin, pas chez nous particulièrement, mais l’histoire criminelle qui aura vraiment marqué cette ville c’est bien celle de Francis.

Commissariat de police d’Argenteuil, 3 juin, 14h45

Julien-Pourquoi les musulmans n’ont pas le droit de boire de l’alcool ?

Medhi-Personne ne devrait avoir le droit de boire de l’alcool.

Julien-Si tout le monde pensait comme toi on se ferait bien chier.

M- T’es flic, tu vois ce que l’alcool est capable de faire aux hommes. Si l’alcool n’existait pas, le monde se porterait mieux.

J-Si l’alcool n’existait pas, on baiserait beaucoup moins.

M- Si ce genre de relation sexuel n’existerait pas, tout comme l’alcool, le monde serait aussi bien meilleur. Au lieu de ça, il y a une omniprésence du sexe dans notre société et l’alcool est beaucoup trop accessible, regarde ce que deviennent les jeunes.

J- Ouais, mais la majorité des jeunes qu’on retrouve ici le soir sont musulmans. Tu crois vraiment que le monde serait meilleur s’il n’y avait que vous ?

M-Ce n’est pas la religion qui pousse ces jeunes à voler et à dealer, c’est la société. Ils ne sont pas tous musulmans, ils sont surtout fils d’immigrés. Rien à voir avec l’Islam.

J- C’’est pas l’Islam qui condamne les femmes adultèrent à la lapidation sur la place publique ?

M- L’islam condamne l’assassinat, les pays qui se disent musulmans et qui le font ne respectent pas l’Islam.

J-Tu vas me dire la même chose pour celles qui se font brûler à l’acide ?

M- L’Islam donne une grande valeur à la femme, il la considère comme un être fragile que l’homme se doit de protéger. L’Islam nous ordonne de la respecter, de l’aider dans la vie de tous les jours. Ces hommes qui les brûlent ne sont pas de bons musulmans.

J- Il y en a qui disent aussi ça de toi en voyant ton uniforme.

M-Je n’ai rien à leur prouver, j’aime ma religion et j’aime mon métier, les deux ne sont pas incompatibles.

J-Peut-être que ceux qui jettent de l’acide sur leur femme aiment aussi leur religion, non ?

M- Je ne pense pas, mais ce n’est pas à moi d’en juger. Des  tas d’hommes battent leur femme, ils ne sont pas tous musulmans. Mais dès que c’est un musulman, on condamne l’Islam. Si c’était un athée, on ne crierait pas au scandale de l’athéisme, pareil pour les chrétiens, les juifs…

J- Oui, oui vous êtes les victimes de la société. Mais franchement vous tendez le bâton  pour vous faire battre. Regardez vos histoires avec le voile.

M-Le voile n’est pas réservé à l’Islam, regarde les bonnes sœurs. Certaines personnes obligent leur fille à le porter, mais c’est comme ça que sont les parents avec leurs enfants, ils veulent les protéger. D’autres femmes choisissent de le porter, parce qu’elles ne veulent pas tenter les hommes, ça ne les intéressent pas de se pervertir pour des pervers. Oui le monde irait mieux si la femme portait le voile plutôt que des mini-jupes.

J-Mais bien sûr je vais te croire ! Medhi, arrête de mentir, tu’ vas pas me dire que tu préfères voir une femme voilée plutôt qu’une femme en mini-jupe ?!

M- Mais si !

J-Mais n’importe quoi, arrête de mitonner. Attend, y’a un mec qui arrive, il a une grosse tête de camé celui-là.

M- Tu vois, c’est peut-être les arabes les dealers, mais les drogués c’est les français.

J-Comme si les dealers ne prenaient pas de leur merde. Tu connais notre job pour dire des conneries comme ça ?

Commissariat de police d’Argenteuil, 3 juin, 14h52

J-Bonjour.

Thibault-Bonjour, je viens avouer.

Julien-Commencez  déjà par vous nommer.

-Je m’appelle Thibault Merle.

M- Bon Thibault que venez-vous avouer ?

T- Un viol et un meurtre.

J- Et celui de qui ?

T- Celui de Nora Benhamoud.

J- Celle dont parlent les journaux depuis hier ?

Thibault- Oui, c’est moi qui l’ai tué.

J-Ok, même si c’est toi qui lui as fait ça, pourquoi tu viens avouer ?

Thibault-Je veux raconter mon histoire, j’apporte un message.

J- Un message ? Si c’est une blague, jeune homme…

Thibault-Non c’est vraiment moi qui ai tué Nora. Je ne voulais pas qu’elle parle, je ne voulais pas une autre version. Je l’ai violé parce que j’avais très envie de coucher avec elle, elle ne voulait pas, mais c’était trop tard, je ne pouvais plus me contrôler. C’était une collègue, on était parti en boîte avec d’autres, ils ne m’ont invité que pour que je leur serve de chauffeur.

Medhi-Est-ce que tu avais bu ?

Thibault-Oui. Un peu. Mais je ne bois jamais, je n’en ai pas souvent l’occasion.

M- Qu’est-ce que cette fille était pour toi, tu l’aimais ?

T- Non, mais je l’ai toujours trouvé sublime. Mais elle était tellement hautaine avec moi. Ce que je vais dire n’est pas facile. Il faut que vous m’écoutiez. J’ai l’intention de parler de cette histoire à la télévision, je veux que les gens m’entendent. Ça a marché pour le vieux, mais lui il n’avait rien à apporter. Je veux que les gens sachent pourquoi j’ai fait ça.

Je ne suis pas fou. J’ai toujours été très réservé et timide avec les filles, et les gens en général. J’ai 24 ans et ma première fois c’était Nora, c’était le viol. Depuis le temps que j’y pensais, que j’en avais envie. Pendant dix ans j’ai écouté les gens de mon âge parler de leurs histoires de couple, ou de leur plan cul. J’ai vu ces mecs collectionner les filles et les jeter comme de la merde, quand moi je demandais à en avoir une seule à moi, à qui je n’aurais jamais fait de mal. J’ai enduré toutes ces humiliations, tous ces refus de la part des filles. Quand je regarde la télé, j’ai l’impression que tout est fait pour m’exciter. Sur internet aussi, je ne vois que du cul partout. Toutes ces années, j’ai accumulé une frustration. Et j’ai pété un plomb. J’ai craqué, j’ai foncé. Je sais que c’est affreux, mais je trouve ça surtout triste. Je hais ma vie et j’envie celle de tout le monde. Obligé de violer une femme, même après l’avoir tuée pour faire l’amour au moins une fois dans sa vie. Et je n’ai même pas aimé ça.

M- La société pousse les jeunes à être de plus en plus obscènes et égoïstes. C’est un vrai témoignage qui prouve les dérives et la perversion du monde dans lequel nous vivons. Tu as raison de briser ce silence. Nous allons faire des tests ADN. Je suis désolé d’avoir à te mettre en prison, si c’est bien toi le coupable.

J- Medhi, ce mec a violé et tué une gonzesse, on n’a pas à avoir pitié de lui.

Commissariat de police d’Argenteuil, 9 juin, 8h19

M- Thibault s’est suicidé hier soir en prison, t’as vu ?

J-Ah ouais, tout ce tapage médiatique autour de lui, c’est dingue. Et ces gens qui se sont mis à le défendre, c’est degueulasse. Je sais que tu le comprends toi aussi, mais mec, si c’était vraiment la société qui avait un problème, alors tout le monde serait puceau à 25 ans, mais ce n’est pas le cas, tout ça c’était dans sa tête. Il n’a jamais baisé une femme consentante, c’est grave.

M- Ca ne devrait pas être considéré comme un problème d’être puceau à 25 ans.  Il faut le comprendre tu sais, il faut creuser plus profond et voir derrière le brouillard malsain de son crime.

J- T’en a pas marre de dire des conneries comme ça, de jouer au saint, je sais que tu l’es pas, arrête. C’est comme quand tu m’as dit que tu préférais voir une femme voilée, qu’une autre en mini-jupe !

M-Je le pense toujours et encore plus après le témoignage de Thibault. Ce qu’il lui est arrivé c’est la preuve que cette liberté du sexe dans notre société peut être une vraie prison pour d’autres. Nos enfants grandissent avec du porno ! Les petites filles se transforment en allumeuses, elles copient les stars qu’elles voient dans les clips. Les garçons fantasment sur cette fausse vision de la femme et de la sexualité. Non seulement tout cela n’existerait pas si le monde entier était musulman, mais aussi les gens se préserveraient avant le mariage. Il n’y aurait plus d’enfants indésirés, d’avortement, de viol ou quoi que ce soit d’autres dont l’humanité a honte.

J- Ah bon et ces filles elles doivent se marier avec qui pour ça, leur oncle ? Arrête un peu, l’Islam c’est bidon, y’a pas un seul musulman que j’ai rencontré qui y croit. Vous vous faites passer pour des saints alors que vous vous comportez encore pire que les non-croyants. La dernière fois je parlais des jeunes muslims qui viennent au commissariat, mais regarde les filles, ces beurettes ! On n’a jamais vu plus vulgaire. Cette Nora, que Thibault a violé, une beurette qui sort en boîte, habillée comme une pute, même les françaises ne s’habillent pas comme ça, tu sais de quoi je parle.

M-  Tout le monde sait que dès qu’un enfant met un pied hors de la maison, il change de comportement. On passe tous par là. Pourquoi ces filles ont l’air sages chez elles et pas en dehors, c’est probablement parce que la société les pousse à le faire.

J-La société, toujours la société, change de discours mec.

M-A la télévision on leur montre des gens qui ont réussi en se foutant à poil ou en passant dans une émission de télé réalité. On les voit faire la fête et être heureux comme ça, tout le temps, on ne voit que ça dans leur série télé. Voilà ce que sont censé être les jeunes, elles suivent le rang c’est tout. Ce n’est sûrement pas l’Islam qui les pousse à faire ça. Si on leur montrait des gens qui ont réussi leur vie en faisant le bien autour d’eux et en s’élevant spirituellement, nos jeunes suivraient d’autres modèles.

J-Tu vas me dire que si le monde était entièrement musulman, les beurettes n’existeraient pas ?

M- Nan et ces filles n’auraient même pas l’idée d’être comme ça, parce qu’autour d’elles tout le monde leur montrerait qu’il n’y a aucun mal, ni aucune honte, à suivre le droit chemin.

Elles ne connaissent pas la religion, ni leurs traditions.  Que ce soit pour les filles ou les garçons, quand ils se trouvent en vacances au pays, ils ont un mépris total de la population locale, ils sont arrogants, ils agacent les gendarmes lorsqu’ils ont affaire à eux. Ils ont pourtant l’air si fière de leurs origines ici, je sais, mais ils sont totalement déracinés.

J- Et lorsque t’es au pays, où la majorité des gens sont musulmans, tu trouves que t’es dans un monde parfait avec des gens parfaits ?

M-Non, parce que le pays a été trop occidentalisé.

J- Tant mieux, non ? Les pays arabes se porteraient beaucoup mieux s’ ils s’occidentalisaient plus, il faut arrêter de vivre au Moyen-Age et de tuer tout le monde pour Dieu.

M- Les pays musulmans n’ont pas besoin de l’Occident, ils ont besoin de l’Islam. Et dans l’Islam on ne tue pas pour Dieu, on ne tue pas tout court. Le Coran est très clair : « Celui qui tuerait un homme non coupable sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque fait don de la vie à un homme, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes ».

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